Contexte et Justification

Contexte et justification

En 2011, au moment où le Président de la République, SEM Alassane OUATTARA accédait à la Magistrature Suprême, outre la déstructuration de l’Etat, les problèmes de sécurité et les perspectives économiques moroses, la situation sociale était marquée, entre autres, par un taux de pauvreté qui avait atteint le niveau record de 51%.

L’année 2011 marque donc le dépassement du seuil critique de 50% jamais atteint depuis le début de la hausse tendancielle de la pauvreté que notre pays a connu depuis 1985. En effet, de 10% en 1985, ce taux est progressivement passé à 32,3% en 1993, 33,6% en 1998, 38,4% en 2002, 48,9% en 2008, puis à 51% en 2011. En d’autres termes, depuis 1985, aucune réponse suffisante n’a pu permettre d’inverser la tendance haussière de la pauvreté.

Dans un tel contexte, la lutte contre la pauvreté ne pouvait qu’être un objectif prioritaire pour le Président de la République. C’est pourquoi, les Plans Nationaux de Développement (PND) 2012-2015 et 2016-2020 ont intégré une forte dimension sociale, afin de coupler la nécessaire restauration du cadre macroéconomique et la redynamisation de la compétitivité des secteurs clés de l’économie avec l’inversion de la tendance haussière du niveau de pauvreté. 

Les premiers résultats découlant de la mise en œuvre du Plan National de Développement (PND) 2012-2015 ont montré que le taux de pauvreté a commencé à baisser, passant de 51% en 2011 à 46,3% en 2015.

Ce changement catégorique résulte d’importants efforts faits dans bien de domaines. Dans le secteur agricole par exemple, notamment la filière cacao, le Gouvernement a mis en place une stratégie basée sur trois (03) leviers, à savoir (i) l’amélioration de la gestion de la filière et l’octroi d’au moins 60% du prix CAF aux producteurs, (ii) la mise en place d’une stratégie à même d’influencer le prix CAF en liaison avec d’autres pays et (iii) la promotion de l’industrialisation pour générer plus de valeurs ajoutées au sein de la filière. Cette stratégie a permis d’offrir aux paysans depuis 2012, un prix bord-champ dont le minimum est au moins équivalent au maximum servi de 2000 à 2009. De même, dans l’Administration publique, il a été procédé au déblocage des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat, au rétablissement des avancements indiciaires tous les deux (02) ans, à la valorisation indiciaire de fonctionnaires et agents de l’Etat, et surtout à l’apurement progressif d’arriérés et d’engagements antérieurs non tenus. Enfin, dans le secteur privé, la revalorisation du SMIG et la réforme de la caisse de retraite ont contribué à consolider l’équilibre social. 

Ces quelques exemples de réformes majeures qui viennent en complément de projets d’investissements à impact social, comme l’électrification rurale, l’école obligatoire, la construction et la réhabilitation de centres de santé, ont constitué les fondements de l’action de l’Etat depuis 2012. C’est cela qui justifie l’inversion la tendance lourde d’augmentation de la pauvreté depuis plus de trente (30) ans.

Dans le but d’accélérer le rythme d’amélioration des conditions de vie des populations, le Gouvernement a adopté, suite aux instructions du Président de la République, le  Programme Social du Gouvernement (PSGouv). Ce programme est donc un intensificateur de l’action sociale de l’Etat. 

Par exemple, le nombre moyen de villages électrifiés par an au cours des périodes 1994-2000 et 2001-2010 est respectivement de 93,1 et 87,9. De 2012 à 2018, le Gouvernement a électrifié en moyenne 265,3 localités par an. Le PSGouv vise à accélérer les travaux d’électrification, en vue de couvrir 1 838 villages en deux (2) ans, soit une moyenne annuelle équivalente à plus de dix (10) fois la performance enregistrée de 2001 à 2010. Dans les autres domaines, l’objectif est aussi de mettre en œuvre des projets à impact immédiat et significatif sur les populations, notamment en milieu rural et dans les zones péri-urbaines.

Enfin, le financement du PSGouv est intégré au cadre de gestion budgétaire de l’Etat, en cohérence avec la nécessité de préserver les grands équilibres financiers de l’Etat, y compris la viabilité des finances publiques à court, moyen et long termes.