
Défis et avancées
Le Gouvernement a relevé le défi de la production, de la distribution et de l’accès à l’électricité

Avant 2011 : Une production insuffisante, des conditions de transport inefficaces et seulement une localité rurale sur trois, connectée au réseau électrique
De 2000 à 2011, le secteur de l’électricité a été confronté à un déséquilibre de sa situation financière en raison de la combinaison de plusieurs facteurs : (i) le prix élevé du gaz, (ii) la non facturation au coût marginal de production, (iii) le non recouvrement des factures en zone CNO (centre, nord et ouest), (iv) l’importance des pertes techniques et non techniques du fait de la vétusté du réseau de distribution. Les pertes techniques et non techniques ont atteint 28,8% en 2011, affectant considérablement l’équilibre financier du secteur, le niveau de perte projetée par le secteur se situant entre 12% et 15%. En conséquence, d’importants impayés ont été accumulés et le secteur de l’électricité n’était plus à même de faire des investissements pour accroître la production et même pour améliorer le rendement d’ensemble du système.
A partir de 2009, le pays a dû faire face à des délestages structurels de l’offre d’électricité résultant de l’inadéquation entre la production et les besoins de l’économie (populations et entreprises), dans un climat de vétusté des infrastructures de transport.
Partant, la disponibilité de l’électricité, qui constitue une condition nécessaire au dynamisme de l’économie, a été à la fois un frein à la compétitivité et une variable négative pour le bien-être des populations.
Le secteur a été confronté à des déficits croissants qui étaient devenus un poids énorme pour le budget de l’Etat. Face à ce déficit, les concours de l’Etat au secteur ont atteint 83 milliards de FCFA en 2010.
Dans ces conditions, l’accès des populations à l’électricité était affecté à deux niveaux. Les ménages disposant de compteurs faisaient face aux coupures récurrentes du fait des délestages systématiques. Les ménages des localités non connectées avaient une faible probabilité d’avoir accès au courant électrique à cause du faible niveau de production et de la vétusté des infrastructures de transport, en plus de l’absence de projets financés, capables d’assurer une connectivité de masse.
Pour rappel, de 1990 à 2000, les Gouvernements successifs ont connecté au réseau électrique, en moyenne 93,2 localités. De 2000 à 2010, le nombre moyen de localités connectées par an est de 87,9.
Ainsi, à fin décembre 2010, le taux de couverture national était de 33% et le taux d’accès à l’électricité s’établissait à 74%.
Depuis 2011 : Comment le Gouvernement a relevé les défis de la production, de l’amélioration de la qualité du transport et de l’accès à l’électricité
A partir de 2011, le Gouvernement a travaillé à rétablir l’équilibre financier du secteur dans le moyen et le long termes, afin de donner de la lisibilité et favoriser la mobilisation de ressources auprès d’investisseurs privés pour accroître la production. Dans ce cadre, il a procédé à l’évaluation des dettes et créances croisées entre acteurs du secteur et mis en place un mécanisme qui permettait d’assurer une plus grande traçabilité des flux financiers entre acteurs. Il a également renégocié le prix de cession du gaz en vue de mieux maîtriser les coûts de production. Enfin, le Gouvernement a défini un plan de développement qui permet d’optimiser les unités de production existantes et de lancer de nouvelles unités comme le barrage de Soubré, afin d’accroître substantiellement l’offre d’électricité. Pour ce qui concerne le transport, il a lancé un vaste projet de réhabilitation des infrastructures pour, d’une part, améliorer les conditions de transport et d’autre part, réduire les pertes techniques. Enfin, des efforts d’amélioration du recouvrement combinés avec l’apurement des impayés du secteur ont conforté la confiance du secteur privé qui a investi dans le secteur de l’électricité.
Il en résulte que la production est passée de 1 391 MW en 2011 à 2 215 de MW à fin 2018. Cette augmentation substantielle de la production, combinée avec les efforts d’amélioration du transport et de gestion du secteur, ont permis de développer parallèlement un vaste programme national d’électrification rurale (PRONER) en vue d’améliorer l’accès à l’électricité. L’objectif de ce programme est d’électrifier toutes les localités de plus 500 habitants à l’horizon 2020. Ainsi, entre 2011 et 2018, le programme a permis d’électrifier 2 122 localités, portant le taux de couverture à 58%, contre 33% à fin 2010. En moyenne, ce sont 265,3 localités qui ont été électrifiées chaque année, au cours de cette période.

Par ailleurs, au-delà de l’électrification des localités, le Gouvernement a mis en place un programme d’électrification pour tous (PEPT), afin de faciliter le raccordement des ménages au réseau électrique. Ce programme permet de lever la contrainte de réunir en un seul tenant, 150 000 FCFA au titre des frais de raccordement au réseau électrique. Ainsi, le ménage paye 1 000 FCFA pour le raccordement/branchement et le solde de 149 000 FCFA est payé sur 10 ans à chaque paiement de facture. A titre exceptionnel, dans le cadre du Programme Social du Gouvernement, les 1 000 FCFA initiaux, à payer par le ménage sont couverts par l’Etat dans le but d’allier le programme d’électrification des villages avec la possibilité pour les ménages de se raccorder. Sur cette base, le Gouvernement électrifie non seulement les villages, mais lève toutes les contraintes à l’acquisition de compteurs.