
Point synthétique des actions menées
Point synthétique des actions menées
Pour bien comprendre les choix opérés sur les actions engagées par le Gouvernement depuis 2011, il est important de cerner la situation sanitaire avant cette période.
Celle-ci se résume comme suit :
- la prévalence du VIH/Sida en Côte d’Ivoire en 2011 était de 3,83%, dans la population générale ;
- l’incidence du paludisme 116 pour 1000 habitants en 2011 dans la population générale
- la mortalité maternelle était estimée à 543 pour 100 000 naissances vivantes en 2011, et le taux d’accouchement par un personnel qualifié s’élevait à 69,22% à l’échelle nationale ;
- l’incidence de la tuberculose était de 106 cas pour 100 000 habitants en 2010 dans la population générale, et la co-infection TB/VIH estimée à 105,1 cas pour 100 000 habitants en 2011 ;
- la couverture vaccinale en Côte d’Ivoire se chiffrait à environ 89,05% pour le BCG, 64,1% Polio3, 53,5% rougeole, 67,78% Penta3, 52,32% Fièvre jaune, 35,80% VAT2 en 2011.
Au regard de ce contexte, le Gouvernement a adopté dès 2012, le Plan National pour le Développement Sanitaire (PNDS) au titre de la période 2012-2015 qui a également conduit à un second PNDS sur la période 2016-2020.
Dans ce cadre, afin de corriger les disparités régionales, combler les poches de silence sanitaire et assurer une meilleure prise en charge des patients, le Gouvernement a procédé à la réhabilitation et la réouverture de plusieurs services et centres de santé depuis 2011.
Réhabilitations
Les réhabilitations portent sur tous les niveaux de la pyramide sanitaire. Au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Treichville, plusieurs services ont été créés et/ou réhabilités de 2011 à 2018.
Il a été procédé à la rénovation de 22 Centres Hospitaliers Régionaux (CHR), de 78 Hôpitaux Généraux (HG) et de 233 Etablissements Sanitaires de Premiers Contacts (ESPC) au cours de la même période.
Constructions et mise en service de nouveaux hôpitaux
En plus de l’ouverture du CHU d’Angré, la construction du premier Centre National de Radiothérapie Alassane Ouattara pour le traitement du cancer au sein du CHU de Cocody, l’ouverture de l’hôpital Saint Joseph Moscati (Yamoussoukro) et la construction des bâtiments de l’Institut de Cardiologie de Bouaké, 3 autres Hôpitaux Généraux (HG Gagnoa, HG Adjamé, Hopital Saint Jean Bosco de Bodo) ont été construits de 2011 à 2019.
Dans la même veine, pour renforcer la capacité de l’Etat pour une prise en charge efficace et de proximité, 623 Etablissements Sanitaires de Premiers Contacts ont également été construits. Un accent particulier a été mis sur la transfusion sanguine. Dans ce domaine, le Gouvernement a procédé à l’ouverture de 7 nouveaux centres de transfusion sanguine (Daloa, Yamoussoukro, Abengourou, Korhogo, Bouaké, Man et San-Pédro) en plus du Centre principal de Treichville déjà existant. Il a également ouvert 9 nouvelles antennes de transfusion sanguine (Bongouanou, Odienné, Cocody, Bonoua, Abobo, Gagnoa, Bouna, Daoukro, Aboisso) et de 5 sites de prélèvement.
Il a été procédé à l’ouverture de 7 nouvelles antennes d’hémodialyse (CHU Treichville, HG d’Adjamé, Bouaké, CHR de Gagnoa, SAMU de Yamoussoukro, CHR de Korhogo, CHU de Yopougon) portant à 8, le nombre total en ajoutant le centre du SAMU à Cocody. Pour faciliter les conditions de prise en charge des malades, l’augmentation du nombre de centres d’hémodialyse a été accompagnée par la mise en place de subvention pour réduire les coûts pour les malades. Ainsi, le coût d’une séance de dialyse a été ramené à moins de 2 500 F CFA contre plus de 70 000 F CFA dans le secteur privé avant 2011. Le Gouvernement a ainsi rapproché les centres d’hémodialyse des populations et diminuer substantiellement le coût d’accès.
En outre, d’importants travaux ont été engagés pour créer de nouveaux centres de spécialité. Ainsi, la Côte d’Ivoire sera dotée dans les mois à venir, d’un institut de Médecine Nucléaire, en cours de construction dans l’enceinte du CHU de Cocody.
En ce qui concerne les équipements des Etablissements sanitaires, 11 cliniques-mobiles ont été acquises et il a été procédé au rééquipement de 7 Hôpitaux Généraux et 2 centres hospitaliers régionaux (CHR).
L’ensemble de ces actions, qui s’inscrivent dans la politique du Gouvernement visant à rapprocher davantage les populations des centres de santé, a permis d’améliorer le taux d’accessibilité géographique qui est passé de 44% en 2012 à 69% en 2019.
Gestion des ressources humaines
Au titre des effectifs, le Gouvernement a procédé à des recrutements dans le secteur de la santé, pour augmenter la capacité du système à faire face aux besoins des populations. Ainsi, l’effectif des professionnels de santé est passé de 19 993 à 31 445 de 2012 à 2019. Ainsi, les indicateurs de disponibilité des ressources humaines ont connu une amélioration au regard des normes fixées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), à savoir 1 Médecin/10 000 habitants ; 1 infirmier/5 000 habitants ; 1 sage-femme pour 3 000 femmes en âge de procréer. Ainsi :
- le ratio médecin/population est de 1 médecin pour 7 354 habitants en 2019 contre 1 médecin pour 15 391 habitants en 2011. Le Ratio médecin/population est donc de 1,4 médecin pour 10 000 habitants en 2019. Ainsi, 43,0% des districts sanitaires ont atteint la norme OMS en 2018 contre 42,2% en 2017.
- le ratio infirmier/population est de 1 infirmier pour 2 202 habitants en 2019 contre de 1 infirmier pour 6 467 habitants en 2011. Au plan national, le Ratio infirmier/population est de 2,3 infirmiers pour 5 000 habitants en 2018 contre 2,1 en 2017. Au niveau des districts sanitaires 93,0% en 2018 contre 90,4% en 2017 ont atteint la norme OMS.
- le ratio sage-femme/femmes en âge de procréer est de 1 sage-femme pour 1 104 femmes en âge de procréer en 2019 contre 1 sage-femme pour 3 000 femmes en âge de procréer en 2011. Au plan national, le Ratio sage-femme/femme en âge de procréer est de 2,7 sages-femmes pour 3 000 femmes en âge de procréer soit une sage-femme pour 1 104 FAP contre 2,3 en 2017.Au niveau des districts sanitaires 97,7% en 2018 contre 97,6% en 2017 ont atteint la norme OMS.
Système d’information sanitaire
Dans le cadre de l’amélioration de l’information sanitaire, la Côte d’ivoire a déployé une application pour la gestion de l’information sanitaire dans toutes les Régions et tous les districts sanitaires, ainsi que dans les hôpitaux de première et deuxième référence. De même, les systèmes de surveillance et d’alerte précoce ont été renforcés lors de l’épidémie sous régionale de la maladie à virus Ebola par la mise en place de comités, la formation, l’acquisition de matériels et la construction d’infrastructures.
Réforme de la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (NPSP)
La NPSP a permis d’assurer la disponibilité de médicaments pour faire face aux besoins des populations. En effet, l’un des principaux problèmes en 2010/2011 portait en amont sur l’efficacité du dispositif d’approvisionnement en médicaments et intrants stratégiques centralisé par la centrale d’achat de médicaments, la Pharmacie de la Santé Publique (PSP). Cette structure hautement stratégique pour la santé des populations rencontrait de grosses difficultés financières à un tel point qu’elle n'arrivait pas à payer dans les délais contractuels, ses commandes depuis 2007/2008. Les sollicitations régulières du Trésor Public en appui au secteur du médicament n'étaient pas satisfaites à bonne date, de sorte qu'une crise de confiance s'était installée entre la PSP et ses fournisseurs. Ceux-ci, au regard des niveaux grandissant d'impayés, refusaient d’approvisionner la PSP, ce qui affectait très négativement la disponibilité de médicaments. A titre d’illustration, le taux de rupture de stock en produits vitaux était de 70% en 2010.
Par ailleurs, dans un tel contexte de paiement très retardé des factures des fournisseurs qui perdurait depuis quelques années, la PSP avait progressivement sélectionné des fournisseurs dont les coûts de médicaments étaient élevés puisque tenant compte, au-delà de la valeur des produits, des délais retardés du règlement de leur facture. Une telle situation avait un effet très négatif sur l’accessibilité financière des populations aux médicaments, deuxième mission essentielle de la centrale d’achat en plus d’assurer la disponibilité.
Face à cette situation, le Gouvernement a dû procéder à une réforme profonde du secteur du médicament, en créant la Nouvelle Pharmacie de la Santé Publique (Nouvelle PSP). Cette réforme majeure dans le secteur de la santé, qui a consisté entre autres, à apporter une plus grande autonomie de gestion administrative et financière, a fondamentalement conduit à un plus grand professionnalisme opérationnel et financier grâce à l’instauration d’une gestion de type privé. Cela a permis un recyclage plus efficace des ressources générées par la vente des médicaments au profit du réapprovisionnement d’une part et de l’investissement d’autre part.
C’est dans ces conditions que la disponibilité des médicaments vitaux et celle des autres médicaments essentiels se sont progressivement accrues pour atteindre en 2018, respectivement 92% et 72%. Une telle disponibilité a permis d’assurer aux structures de la santé, une réponse à leurs demandes, avec un niveau de service global de 85% en 2019.
Du point de vue de l’accessibilité financière, les mises en concurrence formelles organisées dans le processus d’approvisionnement ont permis de faire valider en 2019, une grille de prix consacrant 20% de réduction pour les populations, matérialisé par un arrêté interministériel entré en vigueur depuis juillet 2019.
Enfin, l’utilisation optimale des ressources générées par la vente des médicaments permet d’envisager la mise en fonctionnement de l’agence régionale de Bouaké, d’une valeur de 8 milliards de FCFA, venant doubler dans le contexte plus que nécessaire de la CMU, les capacités de traitement de commande de la Nouvelle PSP en apportant un espace de stockage de plus de 5 000 mètres carré en atmosphère contrôlée.